Alors par où commencer pour aborder ce sujet… Tout d’abord, une question, nous, en tant qu’adulte, sommes nous des pros de la communication avec notre langage élaboré et complet ?

Pour ma part, certainement pas… Combien de fois ça m’est arrivé de m’énerver après Mr Dragon pour un truc pourri, genre, il n’a pas essuyé la table avec l’éponge prévue à cet effet… Mais quand je dis pourri, c’est des trucs pas du tout justifiés que j’ai pu lui envoyer en pleine figure et limite c’est le mec le plus nul du monde… Tout ça parce que j’avais passé une mauvaise journée et que la mauvaise éponge c’est la goutte de trop et c’est surtout ce qui m’a permis d’évacuer les tensions accumulées dans la journée.

Donc, si on transpose ce raisonnement à un enfant, on comprend aisément qu’un petit ou un enfant, se prennent une colère monstre en rentrant à la maison le soir après sa journée à la crèche ou à l’école. Et que un des moyens les plus accessibles pour lui d’évacuer les tensions de sa journée va passer par la colère.

Récemment, mon dragonneau 1, s’est mis à pleurer pour une simple histoire de biscuit cassé. Quand je lui ai demandé les raisons de ses pleurs il m’a d’abord expliqué que le biscuit étant cassé il ne pouvait pas le manger (mais oui! quelle idée, manger un biscuit cassé!). Sur le coup, on a tendance a pensé : il se fout de moi ce gosse… grrrr. Et après, on peut se dire, que lui a aussi a pu avoir une journée difficile. J’ai donc pris le temps de l’écouter, d’abord pour son biscuit cassé et puis, il a finit par me dire, que sa journée avait été longue et fatigante, qu’il avait mal dormi, qu’il avait fait des cauchemars, que dans sa classe, c’était compliqué avec les copains… Bref, le biscuit cassé était un « prétexte » pour évacuer les tensions, et il a 9 ans… Une fois, la crise passée tout est rentré dans l’ordre, il a pu manger les biscuits cassés et s’amuser.

A l’échelle des bébés, le phénomène est mieux connu avec les pleurs du soir. Le principe reste le même, bébé vit lui aussi une journée plus ou moins éprouvante et il a besoin de l’exprimer, et comme il n’a que les pleurs pour s’exprimer, et bien, va pour la crise de larmes. Personnellement, pour ma dragonnette, quand je sens le besoin pour elle de pleurer (car il s’agit d’un réel besoin de pouvoir s’exprimer), je me pose avec elle sur mon lit, je reste avec elle à ses côtés, une main posée sur elle pour qu’elle soit sûre de ma présence, et je la laisse pleurer. Je ne cherche pas à la consoler, je ne parle pas, ou très peu, juste pour lui dire qu’elle a raison et qu’elle a le droit de pleurer pour s’exprimer. Une fois la crise passée, un gros câlin s’impose et elle peut reprendre le cours de sa vie.

D’une façon générale, nous ne faisons pas partie d’une société qui exprime facilement ses envies, ses besoins et ses états d’âmes, pour autant, tous autant que nous sommes nous ressentons tout cela. J’en mettrai une patte à couper, que tous un jour, nous en avons mis plein la figure à quelqu’un de notre entourage sans que cela soit justifié. Et en principe on le fera à notre figure d’attachement (nos parents quand nous sommes enfant, notre conjoint souvent à l’age adulte… bref la personne qui ne nous lâchera pas).

Tout ça pour dire que oui, nos enfants font des colères, des crises… mais très souvent derrière il y a une raison qui pour nous peut sembler dérisoire mais qui pour eux ont une réelle importance. Ou alors la raison dérisoire à nos yeux peut cacher une raison bien plus grave.

Prenons le temps de décoder les pleurs et les colères de nos enfants. Prenons le temps de créer un lien avec eux. Qu’ils nous accordent leur confiance. Une confiance suffisamment importante pour qu’il sache qu’à chaque étape de leur vie nous serons à leur côté et non contre eux.

Je te laisse à sa prochaine crise, essaye d’écouter et viens partager ton expérience… 😉

 

P.S : maintenant, j’essaie de dire plus calmement à Mr Dragon quand quelque chose me contrarie. Des fois ça marche ou pas.